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Programme JAFA: Projet de santé communautaire Capesterre-Belle-Eau

Programme Jafa Ireps Gpe

" Comment continuer à manger local sans pesticides ? "

Dans le cadre de ses activités de réduction de l’exposition à la chlordécone des populations vivant en zone polluée et consommant les productions de leur jardin, l’équipe du programme Jafa de Guadeloupe a mis en œuvre un projet de santé communautaire avec la population de Capesterre BE autour de la question « comment continuer à manger local sans pesticides ? ».

De ces travaux ont émergés trois grands objectifs qui ont été verbalisés et formulés comme suit par les populations :

  1. continuer à s'approvisionner à partir de son jardin avec des techniques alternatives agroécologiques et sans risques.
  2. disposer d'une offre alimentaire sans pesticides et accessible.
  3. mettre en place un/des jardin(s) partagé(s) permettant une production saine, la formation à l'agroécologie, le partage de savoirs faire traditionnels liés à la culture du jardin créole.

Dans le cadre du 1er axe de travail, un projet de « sciences participatives » est actuellement en cours de mise en œuvre en partenariat avec l’INRA Antilles et le laboratoire d’analyse SCL. C’est un programme de recherche impliquant la population afin d’identifier de nouvelles techniques de cultures et d’élevage permettant de se préserver de la chlordécone et de l’usage de pesticides.

Le volet « élevage » vise à analyser la décontamination des volailles en changeant le mode d’élevage de pleins champs à hors-sol. 

Il a été démontré par l’INRA et l’Université de Nancy que les volailles se décontaminent à 50% via les œufs et 50% via les fientes lorsque la poule pond un œuf par jour.

Il s’agit donc d’analyser le niveau de chlordécone des œufs prélevés à des pas de temps définis après la mise en poulailler hors sol.

Huit foyers de Capesterre BE et de Trois-Rivières se sont portés volontaires pour mettre en œuvre l’expérimentation dans leur jardin.

21 poules pondeuses réformées ont été mises en contamination durant 3 mois dans les jardins de certains participants selon la répartition de niveaux de pollution suivante :

 

Expérimentation exposition pollution poulaillers
Classe de pollution du sol (µg/kg de sol sec)  Nombre de poules
 5>[CLD]>100  7
 100>[CLD]>1000  6
 [CLD]>1000  8
Les œufs produits par ces poules ne sont bien sûr pas consommés.

visuel

 

Les poulaillers hors sol ont été dessinés et modélisés par un professeur de dessin mécanique
dulycée Raoul Georges Nicolo de Basse-Terre. Les poulaillers ont été pensés avec un maximum de matériel de récupération, à moindre coût et pouvant être agrandi. Un manuel de construction a ensuite été élaboré par l’équipe Jafa.

La 1ère étape a été que chaque foyer soit acteur de la construction de son poulailler.

 

Une fois les poulaillers construits et prêt à accueillir les visuelpoules, les œufs pondus le jour de la mise en poulailler sont prélevés pour analyse. Cet échantillon constitut le « T0 », la valeur de départ pour observer la décontamination. Ces prélèvements ont été réalisés le 13 décembre 2017.

Pour chaque poulailler, 10 échantillons d’œufs seront ensuite envoyés pour analyse à raison de 5 échantillons lors des 15 premiers jours d’expérimentation puis toutes les semaines et enfin tous les 15 jours jusqu’à T0+73 jours.

Les foyers participants à l’expérimentation relèvent le nombre d’œufs pondu par jour, datent les œufs, les conservent et consignent le type d’alimentation donné aux volailles, le montant des dépenses ainsi que toutes observations ou difficultés rencontrées.

L’IREPS a signé une convention partenariale avec le laboratoire SCL de Jarry afin d’analyser le niveau de contamination à la chlordécone des œufs ainsi 83 analyses d’échantillons d’œufs seront réalisées au cours de cette expérimentation.

L’INRA Antilles analysera les résultats en croisant toutes les données récoltées. Les résultats sont attendus pour la fin du 1er semestre 2018.

Cette analyse, validée scientifiquement, permettra au programme Jafa d’avoir desVisuel recommandations sur le temps de décontamination des volailles en fonction du niveau de pollution du sol et du taux de ponte. L’équipe Jafa pourra donc conseiller et accompagner les foyers souhaitant autoconsommer des poules pour continuer à manger local tout en se préservant de la chlordécone.

Cette expérimentation prend, d’autant plus, tout son sens avec la parution du rapport de l’ANSES en décembre 2017 sur l’« Exposition des consommateurs des Antilles au chlordécone, résultats de l’étude Kannari » qui montre l’exposition plus importante des populations vivant en zone polluée et s’approvisionnant en circuits informels (autoproduction, don, bord de route) ainsi que la contribution importante des œufs (45,10%) à l’exposition des adultes guadeloupéens.

Le volet « végétal » afin d’identifier de nouvelles techniques de culture sera lancé courant du 1er semestre 2018. 

Par ces expérimentation, l’IREPS via le programme Jafa continue de rechercher des solutions afin de réduire l’exposition à la chlordécone tout en continuant à s’approvisionner à partir de son jardin.

 

« Klòdékon, pa vlé di jaden fini »


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